SUBLIME – La levée des subventions au Maghreb et au Moyen-Orient : rapports politiques, transformations de l’État et protection sociale après les soulèvements arabes

L’IRMC est partenaire du projet SUBLIME depuis 2026.

Coordonné par Marie Vannetzel, le projet est co-porté par l’IREMAM à Aix-en-Provence (UMR7310), le CERAPS à Lille (UMR 8026) et l’IFPO à Beyrouth (UAR 3135). Il se terminera en 2027.

Membres de l’équipe : Marie Vannetzel (CNRS-IREMAM, coordinatrice générale), Myriam Catusse (IRMC), Amin Allal (CNRS, CERAPS), Eric Verdeil (FNSP), Assia Boutaleb (Université Paris 1 Sorbonne).

Le projet SUBLIME, qui a débuté en janvier 2023, étudie le changement qui ébranle l’un des piliers de l’État social dans le monde arabe : les subventions à la consommation, en particulier sur la nourriture et l’énergie. Dans plusieurs pays, la tendance est au basculement de cet ancien modèle de protection sociale à visée universelle vers de nouveaux programmes ciblés de transferts monétaires (cash transfers). Cette tendance a été renforcée par les soulèvements de 2011 et 2019 dans la région, qui ont été interprétés, par de nombreux acteurs (bailleurs internationaux, gouvernants, experts, chercheurs etc.) comme une demande de renouvellement des « contrats sociaux » hérités des indépendances.
Par une approche critique des postulats associés à l’idée de contrat social, à la vision des subventions comme instrument de subordination ou comme fardeau budgétaire, le projet SUBLIME cherche à revisiter les rapports entre ces formes de redistribution sociale (subventions, cash transfers), les processus de réforme, et les dynamiques afférentes de consentement, politisation et mobilisation. Il vise à produire des études empiriques et comparatives dans quatre sociétés post- soulèvement – la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie et le Liban. Le projet prend pour objet la « levée » des subventions comme révélateur de la texture politique plurielle des subventions : les réformes engagent des conflits au sein des chaînes d’approvisionnement socio-économiques et des relations bureaucratiques, engendrent des débats politiques ambivalents et des mobilisations sectorielles, et produisent de nouvelles « couches imbriquées » de politiques sociales