École doctorale « Penser les archives de l’archéologie au Maghreb. Enjeux patrimoniaux, scientifiques et politiques »

L’IRMC organise l’école thématique « Penser les archives de l’archéologie au Maghreb. Enjeux patrimoniaux, scientifiques et politiques », en partenariat avec l’École doctorale du Réseau des études maghrébines (REM), l’École Française de Rome, la Casa de Velazquez et le Centre Jacques Berque.

Détails
Clémentine GUTRON (CNRS/CJB) Et Meriem SEBAÏ (UMR 8210-ANHIMA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Quand et où ?
Du 21 au 24 juin 2022
Tunis – Archives nationales 

Présentation
Tout chercheur en sciences humaines et sociales est a la fois consommateur et producteur d’archives. Si cette consommation a toujours été considérée comme quasi constitutive de son identité savante, le fait qu’il produise lui-même des archives est longtemps resté un impensé avant de devenir un véritable objet de recherche ainsi qu’un sujet de débat, significativement renouvelé par les bouleversements liés au développement du numérique et a la dématérialisation des données. La question des archives de la recherche en sciences humaines et sociales est donc aujourd’hui au cœur de réflexions, mais aussi d’actions qui mettent en relation droit, patrimoine et savoirs.
Les archives de l’archéologie occupent, dans cette affaire, une place particulière : de tous les chercheurs en sciences de l’homme, l’archéologue est sans conteste celui qui laisse le plus de traces de son activité et cette tendance connaît même une croissance exponentielle du fait de l’évolution des pratiques savantes comme des exigences nouvelles de la profession. En pensant la construction de ses futures archives, la communauté archéologique est conduite à reconsidérer, corollairement, les fonds constitués par le passé. Parce qu’elles sont à la fois matériaux pour des enquêtes scientifiques et collections patrimoniales, les archives de l’archéologie attisent les convoitises des chercheurs, des institutions et parfois des états.
De par ses spécificités, le Maghreb s’affirme comme un terrain des plus stimulants pour interroger les différents enjeux liés aux vestiges de l’archéologie qu’incarnent ses archives : le nombre, la variété et l’exceptionnalité des traces matérielles de civilisations disparues présentes en Algérie, en Tunisie et au Maroc font que l’archéologie s’y est pratiquée et continue de s’y pratiquer intensément dans des contextes tour à tour coloniaux, nationaux et de coopération multilatérale. Les traces de cette activité forment un tout monumental qui n’existe cependant pas en tant que tel : certaines sont perdues, oubliées, détruites ; celles qui constituent des fonds d’archives sont plus ou moins ordonnées et accessibles, fragmentaires et dispersées, disputées parfois.
L’objectif de cette école thématique est triple. On entend d’abord interroger ce que sont les archives de l’archéologie au Maghreb en étant attentifs à l’histoire de ces collections, a la variabilité des fonds comme à leur composition – on y trouve des documents hétéroclites allant du carnet de fouille, aux dessins et aux photographies, en passant par de la correspondance officielle et privée –, a leurs conditions de conservation et d’accessibilité, à leur statut juridique et à leur diffusion. On entend aussi examiner ce que peuvent ces archives en termes scientifiques : pour les spécialistes des sciences du passé lointain, fussent-ils préhistoriens, protohistoriens, antiquisants, médiévistes ou modernistes mais aussi pour les spécialistes du contemporain, fussent-ils historiens, anthropologues des sciences et des savoirs ou politistes.